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Chantiers d'accessibilité, un nouvel eldorado pour les artisans ?

Publié par Amélie Moynot le

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Se former sur le handicap

Reste la question de la formation. " Il faut se former, non pas sur la technique mais sur le handicap, le vieillissement ", estime Bruno Fayette. Une façon de bien cerner la clientèle âgée et ses spécificités. Des formations sur l'accessibilité sont proposées par les principales organisations professionnelles (Handibat pour la Capeb, Les Pros de l'accessibilité - une marque de la FFB - avec l'Institut de formation et de recherche du bâtiment).

" L'avantage d'y participer est que cela permet d'être automatiquement répertorié dans des annuaires que les professionnels du médical consultent pour trouver des artisans spécialisés ", poursuit l'expert. Une aide au développement du business, une fois la formation achevée.

Un dernier conseil ? " Il ne faut pas se lancer en prenant en compte uniquement l'aspect " marché ", si on n'a pas un réel " petit plus " pour aller sur ce secteur ", conclut Alain Chapuis.

[Témoignage] " Respecter l'âge et le handicap "

Laurent Biichlé

" Une façon de travailler et d'être " . Voilà comment Laurent Biichlé, gérant d'Hippocampe Habitat, TPE spécialisée dans les travaux d'accessibilité pour le maintien à domicile des personnes âgées et l'autonomie des personnes handicapées, voit son métier. L'artisan s'est lancé il y a quelques années, sans formation spécifique, en voyant ses grands-parents avancer en âge et en constatant qu'il était " impossible " de trouver des artisans spécialisés.

Pour se faire connaître, il démarche les professionnels de santé. " Au départ, je me suis présenté auprès d'ergothérapeutes pour expliquer mon travail, témoigne-t-il. J'ai également intégré Soliha (Solidaires pour l'habitat) dont le but est notamment d'aider les personnes âgées aux revenus modestes à rechercher des subventions pour se loger ". Une collaboration qui lui amène 50 % de son chiffre d'affaires.

Limiter le bruit et autres nuisances

Ce positionnement conditionne sa façon de faire son métier. " Les points importants sont de limiter le bruit - et d'informer lorsque l'on va en faire - les poussières, les allées et venues et d'adapter ses horaires (éviter les travaux pendant la sieste) dans le respect de l'âge et du handicap ", explique l'artisan qui veille également à fournir un maximum d'informations sur son travail (pourquoi, comment, combien de temps).

Son conseil : ne pas compter ses heures. " Même si le réflexe de l'artisan traditionnel est d'aller très vite, là, il faut savoir prendre son temps ", avertit le professionnel qui, compte tenu de journées de travail plus courtes, ou commencées plus tard, est prêt à rallonger de deux à trois jours un chantier qui durerait deux semaines habituellement. " Il faut s'adapter. "

Par ailleurs, Laurent Biichlé est labellisé Handibat depuis quatre ans. Il a pour cela suivi une formation spécifique. Cette reconnaissance lui permet d'être référencé dans un annuaire et de trouver des clients.

Aujourd'hui, il s'interroge sur le fait d'embaucher : " le risque est que cela déstabilise mes clients et mes prescripteurs sur la façon dont je travaille aujourd'hui, où je maîtrise la totalité du projet " ... et, de fait, le relationnel avec ses clients.

Repères

Raison sociale : entreprise individuelle

Activité : accessibilité, salle de bains, rénovation

Siège social : Besançon (Doubs)

Année de création : 2008

Dirigeant : Laurent Biichlé, 47 ans

Effectif : 1 personne

CA 2015 : 135 k€

Site Web : Hippocampe Habitat

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Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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