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EPI : de plus en plus d'innovations pour les artisans

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L'arrivée des IoT

"Les objets connectés représentent un levier intéressant pour le secteur. Nous pensons notamment aux gants qui pourraient communiquer des informations pertinentes (température, niveau d'usure, etc.). Les projets sont dans les cartons, leur commercialisation devrait intervenir de manière imminente", estime Pierre Manchini. À ce propos, le groupe RG ajoute à son catalogue un sous-vêtement intelligent, Percko, qui agit via des tenseurs appuyant sur le bas du dos en cas de mauvaise posture. Une version connectée est annoncée pour fin 2016 ou début 2017, et devrait faciliter la récupération de statistiques afin de contrôler les postures des utilisateurs.

De son côté, 3M Peltor propose des protections auditives communicantes pour une utilisation dans des environnements bruyants et dangereux. Ces casques permettent d'entendre les bruits environnants, de communiquer avec les collègues sans enlever la protection de l'ouïe. Néanmoins, les EPI communicants sont encore très rares. Les fabricants travaillent sur des projets, "mais les produits ne sont pas encore arrivés sur le marché", constate Charlotte Fauchon.

Faire adopter les EPI

En attendant, modernité ou pas, le port des EPI reste un problème majeur. Si les jeunes générations semblent plus enclines à porter les équipements de protection, les artisans ont toujours bien du mal à les faire adopter à leurs équipes. C'est pour cette raison que les organisations professionnelles se mobilisent. Par exemple, la commission sociale de la filière terre cuite FFTB a édité, au mois d'avril, un dépliant pédagogique qui rappelle les "sept règles d'or du chargement en toute sécurité".

EPI : un nouveau règlement européen

Le règlement européen 2016/425 du 9 mars 2016 révise et actualise les dispositions de la directive 89/686/CEE qui réglemente sur le marché européen les EPI afin de garantir un niveau de sécurité élevé à leurs utilisateurs. Le nouveau texte, qui entrera en application le 21 avril 2018, étend à de nouveaux EPI - notamment aux lunettes et aux gilets fluorescents - l'obligation d'être soumis à la procédure d'évaluation et de conformité la plus contraignante.

Le chef d'entreprise a également un rôle à jouer. "Il doit montrer l'exemple, sensibiliser ses équipes et vérifier régulièrement que les consignes sont appliquées, car le port des EPI doit devenir récurrent", insiste Gilles Chatras, lui-même dirigeant de la SARL Chatras père & fils (peinture, plâtrerie et décoration) à Cebazat, dans le Puy-de-Dôme, président de la Capeb locale et administrateur de l'IRIS-ST (association créée par la Capeb et la CNAT en 2007, qui développe des solutions adaptées au secteur artisanal en matière de santé et sécurité au travail).

"L'affichage installé dans les véhicules utilitaires pour rappeler aux salariés de porter leurs équipements est également efficace", assure Gilles Chatras. Une autre astuce consiste à amener les utilisateurs chez les fournisseurs pour qu'ils choisissent eux-mêmes leurs équipements. "Au lieu d'opter pour des modèles standard s que les salariés ne porteront pas, l'artisan doit privilégier les EPI sélectionnés par ses équipes, après essayage", ajoute-t-il.

Car le choix dépend bien évidemment du contexte (dans quel environnement les EPI sont-ils portés ?), de l'usage (contre quel(s) risque(s) doivent-ils protéger ?), des innovations (quelles améliorations sont apportées en terme s de confort et de niveau de ­ sécurités ?), mais aussi du ressenti de l'individu. Le site internet Iris-st.org a créé une nouvelle rubrique, baptisée "Bien vu" dans laquelle les artisans partagent leurs expériences et témoignent de leurs trucs et astuces en la matière. La Capeb organise régulièrement des opérations de reprise d'EPI pour l'achat de nouveaux équipements avec certains fournisseurs.

Enfin, vous le savez, les EPI sont mis en oeuvre lorsque les équipements de protection collectifs sont insuffisants. Également, les chutes de hauteur représentent la troisième cause d'accident du travail dans le secteur du ­ bâtiment et des travaux publics. Pour aider les artisans à s'en ­ prémunir, le Régime social des indépendants (RSI) leur ­ propose RSI Bâti Pro, une aide financière pour l'acquisition d'équipement de travail en ­ hauteur limitant les chutes. Par exemple, pour l'achat d'une plateforme individuelle roulante (PIR) ou roulante et légère (PIRL), l'aide s'élève à 60 % du montant d'achat HT et peut atteindre 1 000 euros. Les assurés ont jusqu'au 31 octobre 2016 pour déposer leur dossier. ­ N'attendez pas !

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Véronique Meot

Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
rédacteur en chef

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