Les loueurs de matériel courtisent les artisans

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Sur le marché de la location de matériel, la concurrence fait rage et l'offre de services s'étoffe toujours plus. Une opportunité pour des artisans, de plus en plus courtisés, qui peuvent ainsi s'équiper de machines dernier cri en toute simplicité.

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@ KILOUTOU

Conquérir le coeur des artisans. C'est devenu, en quelques années, le leitmotiv des grands acteurs de la location de matériel Le numéro 1 en France, Loxam, propose ainsi depuis cinq ans une offre entièrement dédiée aux artisans et aux PME du bâtiment, avec des espaces spécialisés en petits matériels professionnels, une tarification spéciale (moins 20% sur chaque location) et un programme de fidélité (3% sur les locations et les achats du mois, redistribués sous la forme de chèques fidélité). «Les petites structures n'ont pas une puissance d'achat suffisante pour négocier des tarifs en fonction des volumes, explique Patrick Rizzo, directeur marketing.

C'est pourquoi nous prenons en compte le chiffre d'affaires que ces entreprises génèrent globalement chez nous pour proposer des réductions.» Si Loxam, comme d autres, met les petits plats dans les grands, c'est parce que les artisans n'ont pas encore systématiquement recours à la location. Souvent, ils ne louent que du gros matériel, de type chariots télescopiques, camions bennes ou minipelles, des achats nécessitant un investissement bien trop important, surtout pour une utilisation ponctuelle. Selon une étude de marché menée par Loxam en 2003, les artisans reprochaient à l'offre locative de n'être pas adaptée à leur activité, le matériel proposé étant soit comparable à celui destiné aux particuliers soit, au contraire, à du gros matériel étudié pour les entreprises plus importantes.

De plus en plus de services

Pourtant, pour les professionnels du bâti ment, la location constitue une alternative intéressante à l'achat, en alliant performance et économie. D'autant que la concurrence entre les loueurs conduit à des offres toujours plus étoffées. A l'image de Topo Center, spécialiste des instruments de pour les activités du bâtiment comme les lasers de construction, les niveaux, les rubans de mesure, etc. «Nous disposons de près de 1 000 instruments différents», note Estelle Montcler, responsable du marketing.

Les acteurs du marché de la location rivalisent également en matière de services, de conseils et de réactivité. Ainsi, Kiloutou aligne un nombre impressionnant d'arguments pour convaincre les professionnels du bâtiment: offre d'outils dépassant les normes actuelles de sécurité (avec interrupteur de mouvements ou appareils télécommandés), comptes clients individuels et personnalisés gardant en mémoire toutes les références pour un meilleur suivi, premier jour de location remboursé si les délais de livraison ne sont pas respectés, ouverture des agences 6 jours sur 7 et même remboursement des consommables inutilisés (kits de sécurité, équipements de protection individuels, signalétique routière, carburants...).

Certains loueurs de matériel électrique, comme Locawatt, vont même jusqu'à proposer l'approvisionnement en fioul des groupes électrogènes!

Autre atout de la location: elle permet de s'équiper de matériel réglementaire, à jour des contrôles techniques, tout en suivant l'évolution des normes et des avancées technologiques. L'artisan s'affranchit d'une part des frais de contrôles techniques obligatoires et d'autre part des coûts liés à la maintenance. Enfin, terminé le casse-tête de la revente du matériel pour acquérir des versions plus performantes.

La location reste aussi une façon pratique de faire rapidement face à des besoins en machines spécialisées ou à l'occasion de surcroîts temporaires d'activité. A ce sujet, si l'argument principal des agences de location reste leurs réseaux, afin d'être toujours plus proches des clients et de leurs chantiers, les loueurs travaillent désormais à toujours plus de réactivité: le matériel peut ainsi être disponible du jour au lendemain.

Autre avantage d'un marché concurrentiel: la carte financière. La location évite avant tout des investissements trop importants, même s'il faut bien jauger, en amont, l'utilisation qui sera faite du matériel (lire l'encadré ci-contre). Les coûts sont maîtrisés car répartis sur la durée d'utilisation du matériel. Résultat: des prévisions budgétaires facilitées. Les immobilisations deviennent de simples charges d'exploitations déductibles et les éventuels avantages fiscaux sont donc conservés. Ainsi, la location ne nécessite plus d'avance de TVA ni d'engagement hors bilan. Et la capacité d'endettement de l'entreprise reste intacte. Finalement, la location tend de plus en plus à faire partie intégrante du mode de gestion de l'entreprise.

La location en quatre questions

1. Est-il plus judicieux de louer que d'acheter?
Pour répondre à cette question, il est nécessaire d'analyser précisément votre besoin: de quel matériel avez-vous besoin et surtout quel sera le nombre d'heures d'utilisation? Confrontez les chiffres, en prenant en compte, dans la colonne achat, l'amortissement du matériel mais également les frais de maintenance et de contrôles obligatoires.


2. Comment trouver le bon prestataire?
Premier conseil: toujours choisir un loueur à proximité de votre lieu de travail pour éviter les surcoûts liés au transport. Il n'est pas inutile non plus de faire appel à un réseau important, pour que votre demande soit rapidement satisfaite. En effet, plus le parc de matériel est imposant, plus vous avez de chance de trouver votre bonheur. Certains loueurs s'engagent également sur les délais de livraison du matériel. Enfin, pour obtenir une comparaison pertinente, n'hésitez pas à lancer un appel d'offres, en exprimant clairement vos besoins grâce à un cahier des charges précis.


3. Sur quels critères se baser?
Si le prix de la prestation pèse immanquablement dans la balance, vous devez également choisir votre prestataire en fonction de la qualité et de la disponibilité du matériel dont vous avez besoin ainsi que des marques qu'il propose, et du respect des normes obligatoires ou optionnelles de sécurité. Pour cela, référez-vous aux contrôles techniques. Outre ces révisions obligatoires, l'entretien des machines reste primordial afin d'éviter les pannes, véritable catastrophe sur un chantier en cours: pour vérifier ce point, vous pouvez exiger l'historique des interventions techniques. La question de l'âge du parc de location, c'est-à-dire la moyenne d'âge des engins à louer, doit également être posée, en gardant à l'esprit que les machines louées sont souvent plus malmenées que celles qui sont achetées...


4. Faut-il contracter des assurances optionnelles?
Comme pour une voiture, l'assurance du matériel peut être «tous risques» ou «au tiers» et comporter une franchise. Autant de paramètres qui impactent le prix de la location. Examinez donc attentivement les contrats, en prêtant une attention toute particulière aux modalités de dépannage ou de remplacement des appareils en cas de panne et l'engagement de responsabilité en cas de bris de machine. Dans tous les cas, n'oubliez pas de souscrire une responsabilité civile professionnelle (soit auprès de la société de location, soit auprès d'une compagnie d'assurances classique) pour prévenir les dommages causés à des tiers.

GAETANE DELJURIE

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